mercredi, août 2

Google News, Wikio, Digg-like, Yahoo news : réflexions sur l'actualité en ligne

Je suis personnellement friand d'actualité et perpétuellement insatisfait de l'offre qui m'en est faite. Pourtant, le sujet est actuellement en pleine mutation : certains modèles apparaissent tandis que d'autres semblent promis à l'extinction.
C'est évidemment en ligne que les possibilités sont les plus grandes et la déferlante web 2.0 a encore un peu accéléré les choses de ce côté.

Ces modèles, quels sont-ils ?
- le modèle "Yahoo News" : les informations sont classées par Yahoo! qui opère donc un véritable travail éditorial sur le travail des agences de presse. C'est le site de news le plus populaire aux Etats-Unis. Pas d'intéraction avec les lecteurs ni de flux RSS.

- le modèle "lemonde.fr" : ici, on est dans le domaine du journalisme classique avec un travail éditorial à la fois de classement mais aussi d'analyse sur les sujets traités. Les approfondissements sont d'ailleurs en général payants. Les lecteurs peuvent réagir et débattre sur les articles.

- le modèle "Google News" : les actualités sont automatiquement agrégés à partir de 500 sources de référence. Aucun travail éditorial, juste des robots. Pas d'intéraction avec les utilisateurs non plus. La recherche s'avère très efficace.

- le modèle "Digg" : les actualités sont soumises et votées par des utilisateurs du service. Ce qui fait la pertinence d'une information, c'est sa popularité. Le débat sur le sujet soumis est présent et encouragé.

- le modèle "Wikio" : à la manière de Google News, Wikio agrège automatiquement 10000 sources, donc là non plus, pas de travail éditorial. A la manière des Digg-like, il prend en compte les votes des utilisateurs (mais pas seulement) pour décider de la pertinence d'un article. Là aussi, la recherche d'actualités sur un thème précis s'avère assez efficace.

D'après moi, aucun modèle ne se dégage pour le moment en terme de qualité. Un bon site d'actualité devrait selon moi combiner :
- une vraie ligne éditoriale, pour mettre l'information en perspective, trouver des angles, des analyses pertinentes sur l'actualité... sinon celle-ci n'est qu'un chaos de news toutes plus ou moins issues de l'AFP, AP et Reuters.
Cela passe donc par des choix dans la disposition spatiale et temporelle de l'information, la mise en valeur d'analyses équilibrées finement choisies et un classement humain de l'information.
- une certaine intéraction avec les utilisateurs : l'intelligence collective doit permettre de faire émerger des articles, des analyses hors des poids lourds habituels de l'information. Faire émerger le débat est aussi un bon point.
- un bon système de recherche ainsi qu'une syndication de contenu, éventuellement par thème, sont de bons atouts mais ne sont pas à ce jour essentiels.

Pour moi tout l'enjeu du site d'actualité moderne est de faire la synthèse entre l'approche "top-down" des sites façon Yahoo! ou lemonde.fr, l'approche "bottom-up" des Digg-like et l'approche robotisée de Google et Wikio. Cela pourrait se passer de la manière suivante :
- les robots ramènent les news et les classent de manière sémantique
- les utilisateurs taguent, annotent, votent, commentent... ajoutent de la richesse (et sont éventuellement rétribués pour ça) aux news et aux analyses qui y sont liées.
- une équipe éditoriale organise sa "une" et les analyses liées aux principaux articles en fonction de tout cela.

Bon, je suis en train de me rendre compte que tout cela coûterait assez cher ce qui serait sûrement difficile à rentabiliser sur un nouveau projet. Mais pour un acteur du marché déjà présent, ça semble jouable... non ?

1 commentaire:

Charles a dit…

Bonjour Monsieur,

Je suis tombé par hasard sur votre article concernant le travail de l'information et je vous avoue que j'ai les mêmes insatisfactions que vous. Je rêve d'un petit Compagnon logiciel qui irait me chercher les sujets qui m'intéressent sur différentes sources d’informations.

Il me les classerait suivant mes critères et il ne me reste plus qu’à les travailler pour, soit les envoyer à mes collaborateurs, soit à les intégrer dans mon système d'information. La gestion des droits d’auteur serait traiter automatiquement.

Ce logiciel, je l’appellerai bien la Magic Box !