samedi, juin 24

Microsoft : moins de Bilou, plus de web 2.0 ?

Quelle sera l'impact du départ de Bill Gates sur la stratégie de Microsoft ? Certains annoncent l'accélération de la conversion de Microsoft vers les services en ligne, la fameuse stratégie "Live" lancée il y a quelques mois pour contrer Google : Ray Ozzie, le successeur au poste de "Chief Architect" du fondateur de la firme de Redmond, étant sensé mieux incarner cette évolution.


Premier constat : Microsoft n'y arrive pas


Là où l'on perçoit toute la dimension culturelle du web 2.0, c'est que malgré tous ses efforts, Microsoft ne parvient pas à s'y imposer. Et pourtant, Microsoft a des idées, des gens compétents et une réelle volonté de s'y convertir : ASP.NET 2.0 et ATLAS sont excellents, quelques services de la gamme Live semblent prometteurs, la conférence web 2.0 de Microsoft du printemps dernier était très intéressante... mais concrètement, rien.
Microsoft continue de perdre des parts de marché au profit de Google en termes d'audience, le buzz semble complètement lui échapper, et ses nouveaux services n'ont quasiment emballé personne.


Second constat : l'échec prophétisé

Dans son texte fondateur du web 2.0, O'Reilly expliquait que Microsoft n'était pas nativement une société web 2.0 et que la conversion lui serait difficile. Microsoft a battu Netscape sur son terrain parce que c'était encore du logiciel classique, mais Microsoft, en 10 ans, n'a jamais rien prouvé on-line si ce n'est peut-être la réussite de MSN Messenger (surtout en France d'ailleurs) qui tient là encore plus de l'application que du service en ligne. Rien en 10 ans, c'est tout sauf du hasard ; pire, ce n'est pas de la prophétie, c'est un fait.


Troisième constat : les déclarations révélatrices

"Qu'est ce qu'a fait Google à part un bon moteur de recherche ?" dit Bill Gates agacé en réponse à une question sur les petits gars de Moutain View... tentative de persuasion manquée ou vraie connerie en live ? Oublier les adwords, ajax, gmail, Google Desktop, ça fait quand même beaucoup, non ?

"Google veut offrir l'information, nous voulons offrir les outils pour maîtriser l'information"... nouvelle erreur : dans l'univers du web, la puissance est dans les données plus dans les API !

"Google se contente d'offrir des services gratuits, nous voulons aller plus loin en redistribuant une partie de l'argent généré par la publicité aux utilisateurs" (Ballmer) : c'est un non-sens économique. Payer les gens pour regarder de la pub n'a jamais marché sur le web malgré de nombreuses tentatives : les gens utilisent le web pour avoir des services sympas, pas pour gagner 2$ par mois en cliquant sur des liens sponsorisés.

Autant de déclarations qui prouvent que Ballmer et Gates ne pensent pas web 2.0 et que dans ces conditions, il est difficile de bâtir une stratégie efficace.


Quatrième constat : le choix de Ray Ozzie est étrange

Ray Ozzie a la cinquantaine, est l'inventeur de Lotus Notes et a monté un soft racheté il y a 1 an par Microsoft : Groove, une application desktop qui entre en concurrence directe avec le web 2.0.
A moins d'une révélation soudaine, le profil d'Ozzie ne présage pas une véritable pensée web 2.0... et on se demande comment Microsoft va opérer sa mutation dans ces conditions.

1 commentaire:

perelman a dit…

Yes, 3 X Yes.
J'ajouterai que Microsoft n'est pas seul à ne pas voir l'évidence. De nombreuses startups (on peut encore prononcer ce mot ?), n'ont toujours pas saisi le vent. Et certaines n'ont pas l'excuse de la taille paquebotesque du géant de Redmond.
C'est affligeant...