dimanche, avril 30

Compte-rendu de la conférence Microsoft "Web 2.0"

Jeudi était l'occasion pour moi de profiter de la conférence "MIX 2006" de Microsoft qui avait pour thème le web 2.0 avec la présence exceptionnelle de Steve Ballmer.

En quelques mots, j'ai aimé :
- la présentation de Pierre Chappaz sur le web 2.0 et Wikio (même si je ne suis toujours pas convaincu par son service)
- les petites démos de robots de discussion sur MSN (dont un excellent vendeur d'appartement virtuel)
- rencontrer et échanger quelques mots avec Fred Cavazza
- la présentation de MusicMe par Freddy Mini
- les excellents sandwiches au poulet du buffet
- l'intégration webtop-desktop du futur selon Microsoft avec des démos assez impressionnantes Windows Presentation Foundation
- les dernières nouveautés d'ATLAS
- la réponse de Steve Ballmer à la question "que pensez-vous de la stratégie de Google" : "Google's strategy is Google's strategy"

Il y a forcément des petites choses qui ne m'ont pas plu... mais étant fondamentalement positiviste, je ne crois que ça vaille la peine de s'y attarder !

mardi, avril 25

Une définition personnelle du web 2.0

Ce blog tendant à démontrer que le web 2.0 recouvre des réalités qui vont bien au delà du simple buzz, je me réjouis, au fil de mes recherches sur le concept, de constater que les sceptiques donnent de moins en moins de voix. Alors les défenseurs du concept ont-ils gagné ? Peu m'importe tant il me semble que cette notion peut être ambiguë et difficile à expliciter.

Une question des organisateurs d'une conférence m'a poussé à écrire ce billet : "quelle est votre définition du web 2.0 ?"... j'ai alors réalisé que je n'en avais jamais donné à titre personnelle peut-être du fait de mon trop grand respect pour Tim O'Reilly et son article. Or, il me semble que celui-ci passe à côté de quelques notions importantes dans le phénomènes web 2.0 : les nouveautés amenées par la philosophie RubyOnRails et, dans une moindre mesure, le retour du web sémantique sont pour moi deux oublis dans son tour d'horizon.

Je vous livre donc ici ma définition du concept web 2.0 et la soumets au feu de votre critique :

- à la base, la phase de consolidation (comme dans toute révolution industrielle) de l'ère Internet : la bourse qui repart, des budgets qui se débloquent, des acteurs (dont quelques emblèmes) qui innovent, les infrastructures qui se déploient et augmentent les possibilités (en terme d'audience, de performances, et d'opportunités)
- du coup, les usages entrent dans une nouvelle phase : une phase de maturité dans laquelle les utilisateurs peuvent se réapproprier le web. Ils cherchent, achètent, publient, discutent, téléchargent...
- un cercle vertueux est alors en place :
le public est satisfait => les innovations rapportent de l'argent aux investisseurs => les investisseurs débloquent plus de fonds => les innovations se multiplient => le public est satisfait

Cette phase de développement économique accompagne le développement de la culture de ceux qui en sont à la base :
- innovation,
- participation,
- ouverture,
- le web en tant qu'univers,
- et aussi : standards du web, sympathie pour l'open-source, jeunesse, souvenir de l'éclatement de la bulle

A partir de là les incarnations du web 2.0 sont symboliques de cette culture :
ajax, blogs, communautés, rubyonrails, web services, webtop, Google, rss, folksonomies, microformats...

Avec un très gros raccourcis, on pourrait donc dire : "le Web 2.0, c'est la culture Google".

samedi, avril 22

L'intégration desktop-webtop

Si vous suivez ce blog depuis quelques temps, vous aurez compris que la notion de webtop (la bureautique sur le web) est pour moi centrale dans le mouvement web 2.0. Après avoir présenté quelques outils permettant la réalisation de ce webtop, j'aimerais en venir à une notion qui me semble importante bien que peu développée pour le moment : il s'agit de l'intégration entre le bureau classique (bureau Windows, Gnome, KDE...) et le webtop.

En des termes plus clairs, la problématique est comment tirer parti du meilleur des deux mondes au quotidien sur une application donnée :
- nomadisme, portabilité, facilité de maintenance et sauvegarde des données du webtop
- convivialité, productivité et possibilité de travail offline du desktop

Exemple d'intégration desktop-webtop : Gmail + Google desktop.
Gmail vous offre un accès de type webmail à votre messagerie (donc seulement lorsque vous êtes connecté à internet via un navigateur) mais Google desktop vous permet d'une part d'y accéder offline via la recherche sur votre PC et vous offre d'autre part la possibilité de recevoir des notifications des nouveaux mails sur votre bureau.

L'enjeu est donc de généraliser ce type de fonctionnement à d'autres bureaux que celui de Windows et à d'autres applications que la messagerie.

Je vous propose un petit pot pourri d'exemples présents et à venir d'outils s'essayant à l'art de cette intégration :
NetJaxer vous propose d'accéder à vos appli web de votre bureau plus rapidement via un navigateur allégé et des icones de raccourcis.
Windows Vista devrait proposer des fonctionnalités de recherche web de votre bureau (ce qui ne manque pas d'inquiéter certains spécialistes de la recherche).
GmailDrive vous permet de considérer votre boite Gmail comme un disque de votre PC.
Un outil de synchronisation pour Google Calendar existe désormais pour Ipod.
(je reste à votre écoute pour allonger cette liste)

Si vous êtes convaincus, je vous encourage vivement à évangéliser sur cette notion d'intégration desktop-webtop qui n'est pas encore assez connue et qui semble pourtant être la suite la logique des évolutions actuelles du web.

mercredi, avril 19

Gmail + talk + calendar (en 5 minutes)

Amoureux du webtop, il est temps de profiter des dernières innovations de Gmail.

1- Intégrer le chat à Gmail
Pour cela, il vous faut passer en anglais US (paramètres, langue). Gmail vous proposera alors d'intégrer la messagerie instantanée à votre webmail préféré. Un petite fonction qui s'avère bien pratique pour les habitués de Gtalk.


2- Ajouter Google Calendar à votre webtop
Rendez-vous tout simplement sur calendar.google.com et suivez les instructions. Evidemment, un compte Gmail vous sera là encore nécessaire (et là encore, je reste à votre disposition si vous en désirez un).
Si vous aviez un calendrier supportant ou pouvant exporter au format iCal, sachez que Google Calendar vous permet d'importer un tel fichier (pratique pour migrer si vous utilisiez CalendarHub par exemple). Pour intégrer le calendrier à votre page Netvibes (ou netvibes-like), vous disposez de flux RSS et de lien iCal (publics ou privés).
Inutile de préciser que Google Calendar est déjà loin devant ses concurrents en matière de calendrier web 2.0 et que je vous recommande la migration au plus vite !

dimanche, avril 9

La messagerie instantanée en mode web (construisez votre webtop, part 5)

Des documents, une messagerie, un calendrier, un traitement de texte... votre webtop se complète au point que votre vision de l'organisation de l'information a définitivement changé : oui, le bureau en ligne c'est possible de manière très simple et cela présente un véritable intérêt.

Il reste néanmoins ces petits à côtés qui manquent cruellement à un webtop : quelques outils de bureautique (j'en donne ici quelques uns qui ont le mérite d'exister sans m'avoir encore complètement convaincu : un tableur, un éditeur de présentation, un éditeur de schéma)... et une messagerie instantanée !

Ce sujet est particulièrement chaud en ce moment dans l'univers du web 2.0 : netvibes et goowy, 2 leaders de la page d'accueil AJAX disent travailler sur le sujet, Google prévoit de l'intégrer à Gmail... et meebo, la solution la plus convaincante de mon point de vue semble très bien se porter.

Le modèle meeboo est pour le moment très bien vu :
- vous pouvez utiliser le service sans vous inscrire
- il est multi-protocole (Gmail, ICQ, AOL, MSN, Yahoo, Jabber)
- il est léger

Seul problème à ce jour : aucune page d'accueil "style netvibes" n'offre pour le moment de module Meebo. Cela arrivera-t-il un jour ? Difficile à dire, Meebo est encore en version alpha et son modèle de rémunération ne m'apparaît pas encore clairement.

Bref, en attendant la "killer application" du domaine, Meebo est un petit outil très pratique qui vous permettra de pratiquer facilement la messagerie instantanée de manière nomade.

jeudi, avril 6

Ma life web 2.0




Les petits bonheurs d'une vie web 2.0 tiennent à peu de chose (3000€ quand même)...

mardi, mars 14

Vos données ici et partout (construisez votre webtop, part 4)

Comme le dit si bien O'Reilly, la puissance est dans les données. Votre webtop doit donc vous rendre accessible des données pertinentes pour être réellement efficace : des données du web bien sûr, mais aussi et surtout des données personnelles produites localement sur une machine.
Très concrètement, un bon webtop pourrait vous permettre d'accéder à vos documents word, openoffice, photos, images, etc composés off-line quelque soit le lieu et votre poste de travail. Ces données devront également pouvoir être aisément indexées et partagées.

Plusieurs entreprises (dont certaines se disant web 2.0) proposent pour cela du stockage de données en ligne, ce qui ne me semble pas, tel quel, être un modèle pertinent. En effet, uploader à la main chacun des documents produits localement est à la fois pénible et aléatoire (risque d'oubli). Si l'on y ajoute les étapes de classement et/ou de tags, ça devient franchement fastidieux. Je vais quand même citer Box.net qui propose un outil qui a le mérite de vous offir 1 Go de stockage gratuit et une interface AJAX très agréable (et une intégration Netvibes réussie).

La solution vient d'après moi une fois de plus , ô surprise, de Google avec son nouveau Google Desktop Search. Celui-ci met désormais en ligne une partie des documents qu'il indexe (si vous le désirez). Vous pouvez donc retrouver vos documents sur tous les postes où vous avez configuré votre GDS à partir de la recherche.

Le problème c'est qu'il n'existe pas pour le moment de client web pour consulter vos données ainsi uploadées (peut-être cela arrivera-t-il avec le service GDrive), vous n'êtes donc pas complètement libre dans le lieu de consultation de vos documents... mais attendons encore un peu : les esprits ne sont pas encore complètement prêts à voir des documents uploadés de manière invisible (par le service GDS) et mis à disposition via une simple interface web.

Et pourtant quel pas en avant décisif cela serait pour "le web en tant que plate-forme" : les utilisateurs seraient plus libres, leurs données automatiquement conservées en ligne par un spécialiste du genre et un moteur de recherche enverrait définitivement aux oubliettes les problèmes de documents perdus ou mal rangés.

jeudi, mars 9

Google et le webtop : du neuf !

Il est souvent question dans ce blog de Google d'une part et du webtop de l'autre, en tant que phénomènes représnetatifs du web 2.0. Suite à deux récentes nouvelles, il semblerait désormais acquis que Google ait définitivement pris le pari de la concrétisation et de la généralisation du webtop (mais était-ce encore à prouver ?).
- TechCrunch nous sort ainsi quelques screenshots de C2, le calendrier partagé web 2.0 intégré à Gmail qui n'est désormais plus une rumeur.
- La blogosphère parle d'un éventuel rachat de Writely (le traitement de texte en ligne) par Google.

Ajoutons à cela des fuites concernant le futur Gdrive, votre disque dur en ligne géré par Google et vous aurez compris que ce que je raconte ici de temps à autre, c'est décidément pas du buzz.

jeudi, février 23

Calendar hub : le planning partagé web 2.0 (construisez votre webtop, part 3)

Tout d'abord, définissons le problème :
- je veux un planning partagé en mode web
- je veux une interface riche ajax rapide et intuitive
- je veux pouvoir me relier à des formats de calendrier public standard (iCal)
- je veux plusieurs niveau de visibilité dans mon planning (privé, partagé, public)
- je veux des alertes et des flux RSS pour avoir les infos de mon planning partout où j'en ai besoin

Les projets de calendriers partagés web 2.0 ne manquent pas, techCrunch en fait d'ailleurs la liste. Après en avoir essayé quelques uns, j'ai arrêté mon choix sur CalendarHub, en attendant l'hypothétique apparition d'un Gcalendar dans Gmail (allez, un point de plus pour la rumeur).
Ce projet répond à toutes mes demandes gratuitement, sans pub et m'a permis de mettre mon Sunbird à la poubelle (j'aurais toutefois pu le garder pour avoir mes infos iCal en mode déconnecté). Seul petit reproche : le flux RSS semble avoir quelques soucis : espérons que ça se règle bientôt.

Voilà une brique supplémentaire de notre webtop : prochaine étape, le gestionnaire de documents web 2.0 !

samedi, février 11

Utiliser Writely au quotidien (construisez votre webtop, part 2)

Comme il vous permet déjà de vous passer d'une application cliente pour vos mails, un bon webtop devrait vous permettre de vous débarasser de vos outils de traitement de texte.
Le but ? Disposer d'un outil dans lequel vos documents seront directement en ligne, publiables et partageables à loisir sans contrainte de système, de logiciel ou de format.

Ce "rêve web 2.0" existe en partie grâce à Writely : un traitement de texte en ligne aux fonctionnalités avancées. Au quotidien, Writely, c'est :
1- rédiger un document en ligne ou uploader un document existant (word ou openoffice)
2- partager le document avec des collaborateurs en 2 clics
3- travailler en temps réel sur le même document avec vos collaborateurs


Ce qui est vraiment bon dans Writely, ce sont tous ces petits détails qui font que ça devient un bonheur de travailler à plusieurs sur un document :
- l'outil de versionning intégré qui vous dit qui a fait quoi et vous permet de naviguer de versions en versions
- la mise en ligne des documents ultra-simple, et leur postage éventuel sur un blog
- la mise à disposition d'un flux RSS pour voir les documents en cours (les vôtres mais aussi éventuellement ceux de vos collaborateurs) et y accéder rapidement

C'est tellement simple qu'il vous suffit de vous y mettre quelques miunutes pour comprendre que Word et OpenOffice peuvent (presque ?) rejoindre Outlook et Thunderbird dans la corbeille des logiciels d'hier.

mercredi, février 8

Tutoriel : migrer vers Gmail sans douleur (construisez votre webtop, part 1)

Je commence aujourd'hui la présentation de quelques outils simples pour parvenir à un des buts avoués de l'ère du web 2.0 : le "webtop", c'est à dire votre desktop sur le web.

Pour débuter, je vais vous montrer ici comment basculer facilement votre courriel vers Gmail, l'application qui réunit le meilleur du webmail et du client mail classique (Outlook, Thunderbird, Eudora...).

1- Avoir un compte Gmail.
Première étape un peu bête, il faut avoir un compte Gmail. Un seul moyen si vous n'en avez pas encore : il faut vous faire inviter par quelqu'un disposant déjà d'un tel compte. Si vous ne trouvez personne, écrivez-moi, je vous inviterai avec plaisir.

2- Rediriger tous ses messages vers Gmail.
Il s'agit d'avoir tous vos messages dans Gmail. Exemple : pour mettre Thunderbird à la poubelle, il faut que mes messages pro (jb.boisseau[at]eutech-ssii.com) arrivent sur Gmail. Pareil pour mon adresse sur Yahoo!.
Là, ça peut être fastidieux. Si vous disposez d'une adresse Hotmail ou Yahoo!, les tutoriels intégrés à ces webmails vous expliqueront très bien comment rediriger vos messages vers une autre adresse. Si vous disposez d'une adresse mail que vous pouvez administrer, je vous fait confiance pour la redirection. Sinon, il vous faudra envoyer un gentil message à votre administrateur pour qu'il mette en place la redirection vers votre adresse Gmail : bonne chance !

3- Créer de nouveaux comptes dans Gmail.
Il s'agit de pouvoir poster sous vos différents comptes du seul Gmail. C'est plutôt simple :
- Cliquez sur paramètres, puis onglet "comptes"
- Choisissez "Ajoutez une autres adresse e-mail", indiquez l'adresse en question : un petit mail de verif' dans lequel il faut cliquer vous est envoyé et c'est fini !
- Vous pouvez définir le compte que vous venez d'ajouter comme compte d'envoi par défaut comme sur un client mail habituel.

4- Importer son carnet d'adresses
Fonction bien pratique, il vous est possible de récupérer votre carnet d'adresses afin que la migration soit aussi totale qu'immédiate. L'importation se fait par fichiers .csv que vous pouvez exporter à partir d'Outlook par exemple. Astuce pour les futurs ex-utilisateurs de Thunderbird sous Windows (comme moi) : exportez votre carnet d'adresses en LDIF, importez-le dans Outlook Express puis réexporter le en .csv !
La fonction d'importation des adresses de Gmail est accessible dans la rubrique "Contacts" puis "Importer".

Vous disposez maintenant d'un client mail unique pour tous vos messages : portable, accessible de toute machine, avec de la recherche dans tous les sens, de l'auto-completion, un filtre anti-spam qui assure... le rêve !

fr.TechCrunch : un grand pas pour le web 2.0 francophone

TechCrunch c'est la miraculeuse histoire d'un blog qui devient de manière fulgurante une référence absolue en matière de business web.

Créé à Atherton en Californie il y a à peine 8 mois par Michael Arrington, Techcrunch analyse les nouvelles sociétés, services et tendances du web de la nouvelle génération baptisé également web 2.0.

Ce blog et les petites réunions business régulièrement organisée par Arrington rythment désormais la vie des sociétés montantes du web : un billet pouvant faire accourir les business-angels dans votre boite ou faire de votre dernier hack un service à la mode.

La bonne nouvelle, c'est que Ouriel Ohayon a eu l'idée de le franciser pour étendre encore un peu son influence. Etant pour l'essentiel une traduction de la version américaine, les nouvelles purement françaises ne sont pas encore légion. Mais cela pourrait changer si la petite communauté web 2.0 française s'emparait du problème, en envoyant quelques bons billets. A nous de jouer !

mardi, janvier 31

Fuzz : entrez dans l'ère du "we, the media"

Fuzz.fr est le site incontournable du moment pour la blogobulle webdeuzérophile francophone. L'idée reprend un concept clé évoqué par Tim O'Reilly : le web 2.0 nous fait entrer dans l'ère du "we, the media".

Pour faire simple : les gens proposent des news (très courtes, l'essentiel du contenu étant donné par un lien) et votent pour celles qui leur semblent le plus digne d'intérêt. Plus une news a de vote, plus est en évidence dans la liste de news de fuzz. Autrement dit, on tire parti de l'intelligence collective pour déterminer ce qui fait sens dans l'actualité.

Malgré l'absence de véritable promo, le site semble déjà très visité. La présentation astucieusement Ajaxisée est agréable et les news deviennent de plus en plus pertinentes. Malgré la concurrence d'autres français (Il y a aussi www.scoopeo.com , www.tapemoi.com, www.wikio.fr) et les limites de notre petite communauté de langues, espérons que fuzz (ou un de ses clones) devienne un jour l'équivalent du digg.com anglophone : une référence absolue.

La prise du pouvoir des médias par la communauté se fait proche... A quand une édition "papier" de fuzz ? A quand une fuzz WebTV ? Ah... rêvons un peu avant le krach 2.0 !

mardi, janvier 24

La guerre de la sémantique aura-t-elle lieu ?

Bien qu'O'Reilly ne le cite pas en tant que tel dans "what is web 2.0", la sémantique est à n'en pas douter un trait du web 2.0.

Faire de la sémantique, c'est donner du sens aux contenus. Concrètement, ça donne des moteurs de recherche qui ne se basent pas sur des mots mais sur le sens général d'un texte, des applications capables de détecter des sujets connexes à un domaine donné, des fonctionnalités de résumés de textes, des systèmes de traduction avancés... bref, faire en sorte qu'un programme ait une approche plus "humaine" d'un contenu !

Le web 2.0 et ses folksonomies (del.icio.us, par exemple) semblent donc tendre vers cet idéal : les utilisateurs taguent le contenu, lui donnant ainsi leur approche "humaine" de celui-ci. Les microformats tendent aussi vers cela et si quelqu'un trouve un jour une approche simplifiée de RDF, un pas de plus sera franchi dans la démocratisation du web sémantique.

Derrière tout cela restent des moteurs à améliorer (ou à concevoir) pour mettre en place et appliquer des ontologies à nos immenses bases de contenus et faire de nos PC les bibliothéquaires du 21ème siècle.

jeudi, janvier 19

La crédibilité à l'ère du blog

Un petit débat sur le blog de Fred Cavazza m'a donné envie de poster ce billet. Je résume en deux mots : le web 2.0 contribue-t-il à la crédibilité de l'information ?

Quand il suffit d'être un peu malin pour rendre visible rapidement des informations (vraies ou fausses), il peut sembler que non. Il peut donc sembler nécessaire d'attendre certains outils pour parvenir à l'ère de l'information crédible. Parmi ceux-ci, sont parfois cités : un système de réputation façon e-bay, la création de "tags" de confiance, des moteurs de recherche blacklistant certains contenus abusifs... D'après moi ces éléments, ne sont pas inutiles, mais existent déjà en creux à travers les outils actuels.


Il ne faut en effet pas prendre le problème de la crédibilité des sources, source par source, mais de manière globale :
1- la multiplicité des sources oblige le lecteur à repérer des acteurs de confiance. Cette attribution de confiance est soumise à un phénomène communautaire : les recommandations se propageant d'un lecteur/acteur à un autre.

2- notre expérience des blogs nous montrent bien au quotidien que "la sagesse des foules" fonctionne : le buzz créé par la blogobulle sur un sujet amène à le populariser mais aussi et à le creuser, le débattre, l'approfondir (les buzz web 2.0 ou ajax en sont d'excellents exemples).

3- les moteurs de recherche se font l'echo du filtre créé par la blogobulle dans un second temps : la sagesse engrangée sur un sujet par la communauté est donc directement pérennisée et indexée.

Le filtre de crédibilisation de l'information existe donc déjà : c'est la blogobulle, c'est le buzz, c'est nous ou pour reprendre une expression célèbre "we, the media".

jeudi, janvier 12

Windows Live : Microsoft attrapera-t-il le train du web 2.0 ?

Même si il s'en défend, Bill Gates est bel et bien agacé par le leader du mouvement web 2.0 (Google). Cet agacement est probablement un peu à l'origine de plusieurs décisions à caractère stratégique :
- la volonté de faire de la publicité une part plus conséquente du CA de Microsoft
- Windows Live : une refonte des services MSN façon Google
- Office Live : un ensemble de services pour les TPE

Tim O'Reilly nous dit à mots couverts dans son article que Microsoft n'a pas, et n'aura peut-être jamais la culture web 2.0 du fait des revenus de son business model "old school". Mon opinion est quant à moi loin d'être faite sur le sujet pour les raisons suivantes :
- les interviews récentes de Gates et Ballmer montrent à l'évidence qu'ils ne pensent pas web 2.0 mais leur porte-feuille d'applications est si large qu'on peut les comprendre.
- Microsoft a toujours su réagir après coup aux innovations de ses concurrents : la dernière illustration en date est probablement .Net (en réaction à Java) qui est une indéniable réussite.
- contrairement à O'Reilly, je ne suis pas persuadé qu'il faille penser web 2.0 pour réussir dans le web 2.0 : si Microsoft copie bien ses jeunes concurrents, cela pourrait largement suffire !

vendredi, janvier 6

What is Web 2.0 par Tim O'Reilly (version française)

[Edit : une version plus complète de cet article se trouve désormais ici]

Qu'est ce que le web 2.0 : modèles de conception et d'affaires pour la prochaine génération de logiciels.


L'explosion de la bulle internet en 2001 a définitivement marqué un tournant dans l'histoire du web. Beaucoup de gens ont à ce moment considéré que le web était une technologie surévaluée alors qu'au contraire, le fait qu'une bulle se forme puis éclate est un trait commun à toutes les révolutions industrielles. Ces soubresauts sont même caractéristiques du moment où une technologie ascendante est prête à entrer dans une nouvelle phase. C'est en effet le moment où les simples prétendants arrivent à bout de souffle tandis que les points forts des premiers gagnants apparaissent : et c'est seulement à cet instant que l'on commence à comprendre ce qui distingue les premiers des seconds.

Le concept de web 2.0 est apparu avec une conférence « brainstorming » entre O'Reilly et Medialive International. Dale Dougherty, pionner du web et membre d'O'Reilly notait alors que bien loin de s'être effondré, le web n'avait jamais été aussi important et que nombre de nouveaux sites et applications à caractère innovant apparaissaient avec une régularité déconcertante. De plus, les quelques sociétés qui avaient survécu à l'hécatombe semblaient avoir quelque chose de commun. Se pouvait-il que le crack des « dot com » eût révélé une nouvelle ère pour le web au point que l'expression « web 2.0 » ait un sens ? Nous tombèrent d'accord sur le fait que cela en avait un : la conférence web 2.0 était née.

En un an et demi (ndt : l'article est daté du 30/09/2005), le terme « web 2.0 » s'est franchement popularisé avec plus de 9,5 millions de citations dans Google. Mais il reste encore de multiples points de désaccord sur sa signification exacte, un certain nombre de personnes décriant ce qui ne leur semble être qu'un buzzword bien marketé, d'autres y voyant une nouveau modèle de pensée.

Cet article est donc une tentative de clarification du sens du terme « web 2.0 ». Dans notre brainstorming initial, nous avons exprimé notre ressenti du web 2.0 par l'exemple :

Web 1.0 // Web 2.0

DoubleClick --> Google AdSense
Ofoto --> Flickr
Akamai --> BitTorrent
mp3.com --> Napster
Britannica Online --> Wikipedia
sites perso --> blogs
evite --> upcoming.org et EVDB
spéculation sur les noms de domaines --> optimisation pour moteurs de recherche
pages vues --> coût au clic
« screen scraping » --> services web
publication --> participation
système de gestion de contenu --> wikis
arborescence (taxonomie) --> tags ("folksonomy")
rigidité du contenu --> syndication de contenu

Et la liste pourrait encore s'allonger... Mais cela ne nous dit toujours ce qui fait qu'une application ou un concept est web 1.0 et un autre web 2.0. (La question est particulièrement pressante dans la mesure où le terme « web 2.0 » s'est à ce point répandu que des entreprises se l'approprient bien souvent sans réelle compréhension de sa signification. C'est d'autant plus délicat que la plupart de ces start-ups friandes de termes à la mode ne sont en rien web 2.0 et que parallèlement à cela des applications que nous avons identifiées comme étant web 2.0, comme Napster ou BitTorrent ne sont même pas des applications web à proprement parler !). Nous avons donc commencé à tirer de ces exemples les principes qui sont d'une manière ou d'une autre à la base des succès du web 1.0 mais aussi des applications récentes les plus remarquables.

1- Le web en tant que plate-forme

2- Tirer parti de l'intelligence collective

3- La puissance est dans les données

4- La fin des cycles de release

5- Des modèles de programmation légers

6- Le logiciel se libère du PC

7- Enrichir les interfaces utilisateur


Traduction de "What is web 2.0", première release !

Le post précédent constitue la dernière partie de la traduction de what is web 2.0 de Tim O'Reilly, texte dont on ne rappellera jamais assez combien il est fondateur.

Cette traduction est pour le moment assez mauvaise du point de vue du style et et j'y ai répertorié de nombreuses coquilles... je m'attache donc à partir de maintenant à rendre le tout un peu plus présentable avant de le poster en seul bloc (comme cela me l'a déjà été demandé, à juste titre d'ailleurs).

Merci de votre patience et de votre indulgence !

jeudi, janvier 5

Enrichir les interfaces utilisateur

Dès le navigateur « Viola » de Pei Wei en 1992, le web a été utilisé pour délivrer des « applets » et d'autres types de « contenus actifs » à l'intérieur du navigateur. L'introduction de Java en 1995 était aussi motivée par cet objectif. JavaScript puis le DHTML permirent d'apporter de manière plus légère intelligence côté client et richesse d'interface. Il y a de cela plusieurs années, Macromedia lança le terme « Rich Internet Applications » (qui a été repris par le projet Open Source Lazlo) pour mettre en lumière les possibilités de Flash vis à vis des applications (et plus seulement des contenus multimédias).

Cependant le potentiel de richesse d'interface du web ne fut jamais exploité par les grandes applications, jusqu'à ce que Google lance Gmail, rapidement suivi par Google Maps : des applications web possédant un niveau d'interactivté équivalent à un logiciel PC classique. La technologie utilisée par Google pour cela fut baptisée AJAX dans un article de Jesse James Garrett de l'entreprise de design web Adaptive Path. Il écrivait alors :

« Ajax n'est pas une technologie, il s'agit de plusieurs technologies, se développant chacune de leur côté, combinées ensemble pour donner des résultats aussi nouveaux que puissants. Ajax comporte :
- une présentation basée sur les standards XHTML et CSS
- un affichage dynamique et intéractif grâce à DOM (Document Object Model)
- un système d'échange et de manipulation de données utilisant XML et XSLT
- un mécanisme de récupération de données asynchrone utilisant XMLHttpRequest
JavaScript pour lier le tout »

Ajax est aussi un élément clé des applications web 2.0 tels que Flickr (qui appartient désormais à Yahoo!), les applications de 37signal basecamp et backpack et bien entendu les applications de Google comme Gmail ou Orkut. Nous entrons dans une période sans précédent d'innovation dans l'interface à mesure que les développeurs deviennent capables de réaliser des applications web aussi riches que les applications locales classiques.

Il est intéressant de noter que bien des possibilités explorés aujourd'hui existaient depuis maintenant quelques années. A la fin des années 90, Microsoft et Netscape avaient une vision des possibilités qui sont désormais exploitées mais leur bataille au sujet des standards rendit difficile la création d'applications multi-navigateurs. C'est seulement lorsque Microsoft eut gagné cette guerre que le seul navigateur restant devint de facto le standard et que ces applications devinrent possibles. Heureusement, lorsque Firefox relança la concurrence sur le marché des navigateurs, les blocages au sujet des standards ne se reproduisirent pas dans les mêmes proportions.

Nous nous attendons à voir apparaître de nombreuses applications web au cours des prochaines années, certaines seront entièrement nouvelles, d'autres seront des réimplémentations d'applications PC existantes. C'est d'autant plus inévitable que chaque changement de plate-forme crée aussi l'opportunité d'un changement de leadership pour les acteurs d'un marché logiciel donné.

Gmail a déjà apporté plusieurs innovations intéressantes dans les applications e-mail en combinant les forces du web (accessible de n'importe où, capacités de recherches avancées) avec une approche ergonomique proche des interfaces PC habituelles. Les applications clientes essaient donc de grignoter des parts de marché en ajoutant de nouvelles fonctionnalités telles que la messagerie instantanée. Sommes nous encore loin du client de communication complètement intégré incluant le meilleur de l'e-mail, de la messagerie instantanée et du téléphone portable tout en utilisant la voix sur IP pour ajouter encore plus de richesse à l'interface du nouveau client web ? En tout cas, le compte à rebours est lancé.

Il est assez facile d'imaginer comment le web 2.0 réimplémentera le carnet d'adresses. Un carnet d'adresses web 2.0 pourra d'une part traiter un ensemble de contacts mémorisés comme le fait par exemple un téléphone. Parallèlement à cela, un agent de synchronisation web, dans le style de Gmail, se souviendra de chaque message envoyé ou reçu, de chaque adresse e-mail ou numéro de téléphone utilisé et s'appuiera sur des heuristiques de réseaux sociaux pour décider quelles alternatives offrir en cas de recherches infructueuses. Si il ne trouve pas de réponse, le système élargira alors le périmètre du réseau social dans le lequel il effectue sa requête.

Le traitement de texte du web 2.0 permettra l'édition de données collaborative de type wiki et plus seulement celle de documents indépendants. Mais il pourra aussi offrir l'édition de document riche comme Microsoft Word ou OpenOffice savent le faire. Writely est un excellent exemple d'une telle application, bien que sa portée soit encore assez limitée.

Mais la révolutions web 2.0 ne s'arrêtera pas là. Salesforce.com a montré comment le web pouvait être utilisé pour délivrer le logiciel comme un service, à l'échelle d'applications d'entreprises telles que la CRM.

L'opportunité pour de nouveaux arrivants d'exploiter pleinement le potentiel du web 2.0 entrainera la création d'applications qui apprennent de leurs utilisateurs en s'appuyant sur une architecture de participation et qui se démarqueront non seulement par leur interface mais aussi par la richesse des données partagées qu'elles offriront.

Le coeur de métier des sociétés du web 2.0

A travers les 7 principes évoqués plus haut, nous avons souligné quelques uns des principaux traits du web 2.0. Chaque exemple abordé démontre un ou plusieurs principes clé, mais laisse en général les autres de côté. Terminons donc en résumant ce que nous pensons être le coeur de métier des sociétés du web 2.0 :

- des services, pas un package logiciel, avec des possibilités d'économie d'échelle

- un contrôle sur des sources de données uniques, difficiles à recréer, et dont la richesse s'accroit à mesure que les gens les utilisent

- considérer les utilisateurs comme des co-développeurs

- tirer partie de l'intelligence collective

- toucher le marché jusque dans sa périphérie à travers la mise en place de service « prêt à consommer »

- libérer le logiciel du seul PC

- offrir de la souplesse dans les interfaces utilisateurs, les modèles de développements ET les modèles d'affaires

La prochaine fois qu'une société clame « ceci est web 2.0 », confrontez-la à la liste ci-dessus. Plus elle marque de points, plus elle est digne de cette appellation. Rappelez-vous néanmoins que l'excellence dans un domaine vaut mieux quelques paroles pour chacun des sept.

mercredi, janvier 4

Le logiciel se libère du PC



Une autre des caractéristiques du web 2.0 qui mérite d'être mentionnée est le fait qu'il n'est plus limité à la plate-forme PC. Le dernier conseil que le développeur Dave Stutz donna à Microsoft fut : « Les logiciels utiles qui se libéreront d'une plate-forme spécifique seront des vecteurs de fortes marges pour un bon moment ».

Bien entendu, n'importe quelle application web peut être vue comme un logiciel indépendant d'une plate-forme spécifique. Après tout, même la plus simple des applications web implique au moins deux ordinateurs : l'un hébergeant le serveur web, l'autre le navigateur. Or comme nous l'avons déjà expliqué, le développement du web en tant que plate-forme pousse cette idée jusqu'à des applications synthétisant des services apportés par de nombreux ordinateurs.

Là enore, comme de nombreuses parties du web 2.0, l'aspect « 2.0 » n'est pas dans la nouveauté, mais plutôt dans la pleine réalisation du véritable potentiel de la plate-forme web, celle-ci devant nous guider pour comprendre comment concevoir applications et services.

A ce jour, iTunes est le meilleur exemple de ce principe. Cette application va sans cesse d'un appareil portable à un système web massif, le PC servant uniquement de mémoire locale et de station de contrôle. Il y avait déjà eu plusieurs tentatives de mettre du contenu venu du web dans des dispositifs portables, mais le couple iPod/iTunes est la première conçue pour être véritablement multi-plate-forme. TiVo est un autre bon exemple de ce phénomène.

Itunes et TiVo offrent également la démonstration de quelques autres principes du web 2.0. Elles ne sont pas des applications web en elles-mêmes, mais elle tire parti de la puissance de la plate-forme web, en faisant une partie permanente et pratiquement invisible de leurs infrastructures. La gestion de données est très clairement le coeur de leur offre. Ce sont des services, pas des applications packagées (bien que dans le cas d'iTunes, cela puisse être utilisé en tant qu'application packagée pour manipuler des données locales). De plus, TiVo et iTunes montrent une utilisation naissante de l'intelligence collective, même si dans chacun des cas, leurs expérimentations sont entrées en guerre avec les lobbies de la propriété intellectuelle. La seule limite se trouve dans l'architecture de participation d'iTunes, bien que la récente apparition du podcasting change quelque peu la donne de ce point de vue.

Il s'agit de la partie du web 2.0 dont nous attendons les changements les plus importants, dans la mesure ou de plus en plus d'appareils pourront être connectés à la nouvelle plate-forme que constitue le web. Quelles applications deviendront possibles quand nos téléphones et nos voitures ne se contenteront plus d'utiliser des données mais en émettront ? Le suivi du trafic routier en temps réel, les « flash mobs » (ndt : un groupe de personnes qui ne se connaissent pas, se réunit pendant quelques minutes -grâce à un message SMS ou email- pour accomplir au même moment une action dénuée de sens, puis se disperse) et le journalisme citoyen ne sont que quelques uns des signes précurseurs des possiblités du web de demain.

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